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Les faillites dans le pétrole ont atteint leur plus haut niveau depuis la crise


Et il y en a «plus à venir», met en garde la Fed.


Tyler Durden's picturePar Tyler Durden – Le 25 décembre 2015 – Source ZeroHedge

Deux choses deviennent claires quand on analyse la santé financière de la production d’hydrocarbures aux États-Unis :

1) le secteur n’est pas du tout homogène, il présente un large éventail de santé financière ;

2) une partie du secteur semble agonisante, les bouées de sauvetage pourraient inclure des capitaux propres venant des marchés publics, des ventes d’actifs, des private equity ou des consolidations.

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Semaine 12 de l’intervention russe en Syrie : zag !


Par le Saker US – le 27 décembre 2015 – Source thesaker.is

Dans la revue de la semaine dernière sur l’intervention militaire russe en Syrie, j’ai écrit que Kerry avait perdu toutes les négociations qu’il avait eues avec les Russes et qu’il détenait un record d’acceptation de A puis, de retour à la maison, de déclaration non-A. Cette fois encore, les Américains n’ont pas changé leur mode de fonctionnement, sauf que c’est Obama lui-même qui a déclaré, une fois de plus, que Assad doit partir. Ce qui a eu pour résultat que certains commentateurs ont parlé de schizophrénie de la Maison Blanche. D’autres, toutefois, ont noté que ce pourrait être simplement une histoire de dénis pour sauver la face. Personnellement, je pense que ces deux explications sont correctes. Continuer la lecture de Semaine 12 de l’intervention russe en Syrie : zag !

Le bourbier russe en Syrie se révèle être une campagne bien pensée

L’establishment de Washington est passé maître dans l’art de prendre ses désirs pour des réalités.


Moon of Alabama

Le 28 décembre 2015 – Source Moon of Alabama

Voici quelques grands titres récents des médias officiels de Washington

 

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État d’urgence : les fossoyeurs de la République

Par Salah Lamrani (Sayed Hasan) – Le 28 décembre 2015 – Source sayed7asan

«C’est le terrorisme qui menace les libertés aujourd’hui. Ce n’est pas l’état d’urgence. Je le répète : l’état d’urgence ne signifie pas l’abandon de l’État de droit. Nous combattons le terrorisme, et nous le vaincrons, avec les armes de la République, de la démocratie, avec la force de nos valeurs, de nos principes républicains et de nos principes de droit.» Ainsi s’exprimait le ministre-bonimenteur Bernard Cazeneuve le 2 décembre 2015 avant d’annoncer les résultats des mesures exceptionnelles permises par l’état d’urgence, en se gardant bien de préciser, pour les quelques 10% de perquisitions qui auraient débouché sur des saisies, arrestations et/ou actions en justice, combien d’entre elles étaient effectivement liées au terrorisme.

Il a été révélé depuis que la quasi-totalité des saisies et inculpations concernaient des délits et crimes tout autres que la planification d’actes de terreur et/ou l’islamisme radical – trafic de stupéfiants, banditisme, etc. – et, à ce jour, malgré les milliers de domiciles saccagés, les lieux de culte profanés et surtout toutes les vies innocentes traumatisées, aucun terroriste n’a été arrêté, aucune cellule n’a été démantelée. Un échec retentissant en somme, du moins si l’on considère qu’il s’agit bien, avant tout, de lutte contre le terrorisme, ce qui demande tout de même une forte dose de crédulité.

En 1990, dans son roman Le Bouclage, Vladimir Volkoff décrivait déjà de telles méthodes : imposer à tout un quartier sensible un état de siège, interner et ficher sa population et y perquisitionner tous les domiciles de fond en comble, au prétexte d’un attentat terroriste imminent qui sera héroïquement déjoué par l’élimination d’une organisation criminelle qui était sous étroite surveillance de longue date, mais dont la localisation et la neutralisation constitueront rétroactivement le prétexte officiel à toute l’opération. Ce qui permettra d’incarcérer quelques délinquants jusque là insaisissables par les voies légales, et surtout d’intimer à l’ensemble de la population la vénération requise pour la Nation, l’ordre et la sécurité. Une machination ignoble dont l’auteur, anticommuniste et islamophobe viscéral, thuriféraire de l’impérialisme américain, partisan à demi-mot de la torture, ouvertement monarchiste, se faisait du reste le prosélyte. Mais notre gouvernement actuel a manifestement vu plus large et étendu ses mesures de Gestapo à l’ensemble du territoire, en plus de les avoir établies pour une durée absolument insensée – et indéfiniment reconductible.

La lutte contre le terrorisme de Daech, auquel notre pays s’est ouvertement allié en Syrie et avant cela en Libye, n’est manifestement qu’un prétexte pour restreindre les libertés et intimer la terreur à la population, faire taire toute voix dissidente, toute revendication politique ou sociale. Et bien sûr, les musulmans et descendants d’immigrés dans leur ensemble sont une cible privilégiée, que ce soit afin de briser ce qui reste en eux de culture étrangère ou de courtiser les électeurs du Front national. D’autant plus que pour créer une Union Sacrée, un ennemi commun peut faire office de projet politique, et plus les actes et mesures seront spectaculaires, moins il sera aisé à la masse de réfléchir et de pondérer. Toutes ces mesures constituent évidemment une nouvelle tentative du gouvernement le plus discrédité de l’histoire de la République de redorer son blason, légitimement et irrémédiablement terni, mais à travers laquelle on peut percevoir – et c’est là le seul élément qui peut nous rassurer – les spasmes convulsifs d’une agonie qui s’annonce dévastatrice.

La prétendue lutte contre le terrorisme est de toute évidence une effroyable imposture, éminemment absurde de surcroît, tant du point de vue de ses postulats et principes – qui peut croire que toutes ces mesures puissent dissuader ou même entraver en quoi que ce soit l’action de terroristes aguerris et déterminés à mourir l’arme au poing – que de ses résultats. Mais quand bien même elle aurait eu une quelconque efficacité et contribué ponctuellement à protéger la vie de citoyens (au sens purement quantitatif, car on conçoit mal une vie saine après la violence inouïe d’une perquisition, ou même dans la crainte de celle-ci, puisqu’elle cible surtout des familles musulmanes innocentes, des activistes politiques et syndicaux, etc. ; rappelons que Winston Churchill déclarait que «dans une démocratie, seul un livreur de lait peut frapper à la porte avant l’aube»), il serait du devoir de toute personne attachée aux valeurs républicaines d’en dénoncer l’arbitraire et de les combattre.

Si terrible soit-elle, la perspective d’un attentat terroriste reste celle d’un acte criminel perpétré par des particuliers, des forcenés, des fanatiques, qui détruisent effectivement des vies humaines de manière atroce, mais constituent une violence qui garde le statut d’accident au sein d’une société – par opposition à une dérive structurelle. De tels actes ne sont pas commis par des représentants de l’État, par la force publique, et sont à ce titre assimilables à des actes de grand banditisme, avec leur lot de victimes innocentes, certes collatérales, ce qui ne change pas fondamentalement les choses. Le terrorisme ou le banditisme sont le fait d’individus qui se placent au-delà de toute légalité et peuvent attenter à la vie de tout citoyen, mais en aucun cas menacer la société dans son ensemble ou dans ses fondements : bien que les criminels s’en affranchissent de fait et le bafouent, le droit n’en subsiste pas moins pour le reste des citoyens et l’ensemble de la société. Mais lorsque l’appareil étatique, qui, selon la fameuse définition de Max Weber, détient «le monopole de la violence légitime», abolit lui-même l’État de droit et se rend coupable de telles atteintes aux personnes, quels qu’en soient la raison ou plutôt le prétexte, donnant à la violence arbitraire et illégitime force de loi, ce sont les fondements même de la société démocratique qui sont mis à mal. L’État, qui n’a été constitué que pour garantir la liberté, la sécurité et le bien-être des citoyens (et selon la tradition philosophique occidentale, la liberté en est le but suprême), devient l’instance même qui piétine les droits élémentaires de l’ensemble des citoyens, sans aucune résistance possible, sans aucune voie de recours, ce qui doit être considéré comme bien plus grave, bien plus dangereux que le 13 novembre, le 7 janvier ou même le 11 septembre. Quoi qu’en dise M. Cazeneuve, si le terrorisme peut effectivement menacer nos vies, seul l’État peut constituer une véritable menace pour nos libertés.

La maxime qui guide l’action du gouvernement, et qui semble, tacitement ou explicitement, approuvée par l’ensemble de la classe politique, des médias, et une bonne partie de la population, est celle-ci : le bien le plus précieux de l’homme n’est pas la liberté, mais la sécurité, et il serait tout à fait naturel et sain de sacrifier quelques libertés pour plus de sécurité. Conception qui constitue très précisément un certificat de décès pour les valeurs républicaines, et qui pourrait même nous amener à nous demander, en faisant abstraction du caractère extrêmement marginal de la Résistance française, s’il valait la peine de lutter contre l’Occupation nazie. Comme le déclarait Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des États-Unis: «Ceux qui sont prêts à renoncer à des libertés essentielles pour obtenir temporairement un peu de sécurité ne méritent ni la liberté, ni la sécurité, [et finissent par perdre les deux].» Et comme nous l’avons vu, si les violations des libertés permises par l’état d’urgence sont flagrantes et infâmes, confinant au totalitarisme, les gains temporaires en fait de sécurité sont au mieux infimes, et, au pire et en toute probabilité, négatifs, le fait de cibler toute une catégorie de citoyens ne pouvant que nourrir les tensions, diviser davantage la société et donner plus de crédit aux discours et actions extrémistes, et donc favoriser le recrutement de Daech et autres organisations violentes.

La surenchère sécuritaire, le déni de droit et les mesures d’exception qui pèsent sur l’ensemble des citoyens ne sauraient faire reculer la violence et l’extrémisme, bien au contraire : de telles mesures les attisent et, tout en prétendant en constituer le remède, elles en font insidieusement notre quotidien. Ce sont là des vérités élémentaires, bien qu’elles soient étouffées par le matraquage politique et médiatique ambiant. Goebbels lui-même le théorisait : «Si vous proclamez un mensonge énorme et le martelez sans cesse, les gens finiront par y croire.» Et il ajoutait : «Le mensonge peut être maintenu seulement tant que l’État peut dissimuler les conséquences politiques, économiques et/ou militaires du mensonge. Il devient donc d’une importance vitale pour l’État de faire usage de tous ses pouvoirs pour réprimer toute dissidence, car la vérité est l’ennemi mortel du mensonge et donc, par extension, la vérité est le plus grand ennemi de l’État.» Notre gouvernement semble avoir bien compris cela, car il envisage des mesures qui feraient de la France un État policier n’ayant rien à envier aux dictatures, en muselant la liberté d’expression et d’information, en s’attaquant à la vie privée, et en inscrivant l’état d’urgence dans la Constitution, afin de contrôler durablement et totalement l’ensemble de la population – sans même parler de la déchéance de nationalité, qui bafoue l’idée même d’égalité des droits et de justice. George Orwell, nous voilà.

Face à cette violence implacable de l’État, que pouvons-nous, sinon faire usage des libertés qui nous restent ? Ne pas y céder en principe, et, en acte, la dénoncer autant que possible. Manifester notre solidarité à toutes les victimes de ces mesures inadmissibles et indignes, ce qui est un devoir civique et d’humanité. Ne jamais (plus) se compromettre en votant pour des individus ou groupes qui ont voté pour ces mesures liberticides, afin que du moins, ils ne puissent prétendre agir en notre nom.

En dernière instance, rappelons ce propos d’Henry David Thoreau, théoricien de la désobéissance civile : «Sous un gouvernement qui peut emprisonner injustement n’importe quel citoyen, la seule place d’un homme juste est en prison.»

Salah Lamrani

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La course pour verrouiller la frontière nord de la Syrie

Si Damas – ou les Kurdes – sécurisent le dernier tronçon de la frontière entre la Syrie et la Turquie, c’en est fini de l’influence d’Ankara en Syrie.

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 21 décembre 2015 – Source Russia Insider

Qui profite le plus du drame Russie-Turquie ? Aucun doute : c’est l’Empire du Chaos. Une Ankara désespérée dépend de l’étreinte de l’Otan.

Dans l’arène cruciale du Pipelineistan, le projet du Turkish Stream a été suspendu (mais pas annulé). L’intégration de l’Eurasie – le projet du XXIe siècle pour la Chine et la Russie – est gravement entravée. Continuer la lecture de La course pour verrouiller la frontière nord de la Syrie

Amnesty publie un rapport partial sur l’intervention russe en Syrie


Le rapport formule des allégations fantaisistes de crimes de guerre sans preuves concrètes

«...En tant que soutien des campagnes d’Amnesty par le passé, cela me peine de la voir s’éloigner autant du but qui était le sien lors de sa fondation en prenant parti si ouvertement dans des conflits et d’une manière politique si éhontée.» Alexander Mercouris
Alexander Mercouris

Par Alexander Mercouris – Le 24 décembre 2015 – Source Russia Insider

Amnesty International vient de publier un rapport accusant les autorités russes de dissimuler honteusement un grand nombre de morts civils causées par les frappes aériennes russes en Syrie. Le rapport affirme aussi que les Russes pourraient commettre des crimes de guerre en Syrie.

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Guerre de l’information en Ukraine


ZDF, la première chaîne de télé allemande a-t-elle falsifié un documentaire sur l’Ukraine ?


Par Sayed Hasan – Le 25 décembre 2015 – Source sayed7asan

Depuis les événements dramatiques de février et mars 2014 en Ukraine, qui ont vu le renversement du gouvernement de Viktor Ianoukovitch jugé sinon pro-russe du moins pas assez pro-européen, puis la sécession de la Crimée et son rattachement à la Fédération de Russie, la Russie a été accusée d’intervenir militairement en Ukraine. Le nouveau gouvernement de Kiev y mène une guerre contre les séparatistes du Donbass, forces pro-russes qui le tiennent en échec. Si la présence de troupes russes en Crimée durant le référendum d’auto-détermination (les hommes verts courtois, qui n’ont pas tiré un seul coup de feu) a été reconnue par Moscou, et que le soutien humanitaire et militaire de la Russie aux séparatistes est incontestable, la question de la participation directe de forces russes aux combats reste vivement débattue.

Le président russe Vladimir Poutine l’a maintes fois niée, et durant sa récente conférence de presse du 17 décembre 2015, il a encore déclaré en réponse à une question sur des échanges de prisonniers qui incluraient des citoyens russes : «Nous n’avons jamais dit que nous n’avons pas d’hommes qui s’y occupent de certaines choses, y compris dans le domaine militaire, mais cela ne signifie pas que des troupes russes régulières y sont présentes. Appréciez la différence.» Cela semble consistant avec ce qu’il avait déjà déclaré auparavant, à savoir le fait que les citoyens russes qui s’étaient rendus dans le Donbass pour y combattre l’avaient fait de leur propre chef et non pas en tant que soldats en service diligentés par leur gouvernement. Ne serait-ce qu’un jeu sur les mots ? Ce propos établit du moins que l’appui militaire de la Russie aux séparatistes est officiel, même s’il y a discussion sur son ampleur (conseil, armements, tirs d’artillerie transfrontaliers, participation aux combats, etc. ?). Il n’est pas sûr que la Russie aille plus loin que les États-Unis dans leur propre soutien au gouvernement de Kiev, qui comporte également une composante militaire officielle.

Si la guerre du Donbass ne fait plus les titres de l’actualité, la guerre de l’information continue, comme le montre ce reportage de la chaîne nationale russe Rossiya 1 le 22 décembre. Il affirme que la principale chaîne TV nationale allemande, ZDF, aurait falsifié un reportage sur le Donbass en payant un acteur pour jouer le rôle d’un soldat russe, afin d’entretenir le climat de propagande anti-Poutine et de russophobie. «La ZDF, dans un communiqué sur son site, a nié en bloc les accusations russes, pourtant étayées, non seulement par le témoignage du jeune homme recruté pour jouer le volontaire russe, mais aussi par des documents photographiques et vidéo.» Il est bon de rappeler qu’en septembre 2014, cette même chaîne ZDF avait produit une émission parodique qui dénonçait justement la propagande anti-russe des médias allemands quant à la crise ukrainienne, mais qu’en février 2015, elle avait publié une photo de chars russes en Ossétie du Sud en 2008, avec la légende «Blindés russes près d’Isvarino, dans la région de Lugansk, le 12 février 2015». Quoi qu’il en soit, cela donne un aperçu original des tensions entre l’Occident et la Russie, et de la guerre de l’information qui est livrée pour conquérir l’opinion publique.

Salah Lamrani

Vidéo sous-titrée en français

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Le capitalisme dans ses œuvres

2015-12-23_11h07_45Par Paul Craig Roberts – Le 28 Novembre 2015 – Source PaulCraigRoberts

Zero Hedge rapporte une histoire tirée de «La Grèce, cause toujours» qui est d’abord parue dans le Times.


D’après cette histoire, le niveau de vie en régression imposé au peuple grec par la chancelière allemande Merkel et les banques européennes a poussé un grand nombre de jeunes femmes grecques dans la prostitution. La forte augmentation du nombre de femmes offrant des services sexuels a fait tomber le prix à 4 euros de l’heure. Cela fait 4.24 $, assez pour un feuilleté à la feta ou un sandwich. C’est la valeur que l’austérité, imposée par les banquiers, a posée sur l’utilisation du corps d’une femme pendant une heure. Le prix d’une demi-heure est de 2.12 $. Elles n’obtiennent même pas le salaire minimum.

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L’équipe du Saker Francophone vous souhaite une belle année 2016.

Si on fait un bilan de l’année 2015, celle-ci a commencé dans la tourmente avec Charlie, l’attentat et l’opération d’ingénierie sociale qui a suivi. Ce fut aussi le cas du site, qui n’a pas simplement changé d’apparence. Une partie de l’équipe a arrêté début 2015 – un effet collatéral de Charlie –, une autre a souhaité poursuivre l’aventure pour ne pas laisser mourir l’élan créé autour de la ré-information sur la guerre en Ukraine notamment.

Le résultat brut après une première année pour le nouveau site est le suivant :

En ce moment, 7 500 visiteurs uniques et 45 000 pages vues par jour pour un total annuel respectivement de 999 553 et 7 887 960.

Beaucoup d’articles sont aussi repris par un grand nombre de sites, ce qui démultiplie notre zone d’influence. Nous proposons toujours essentiellement des traductions, ce qui nous permet de nous dissocier nettement de ce qui se passe en France. Notre ligne de conduite reste fidèle à celle des premiers jours. Nous sommes, comme nous l’annonçons sur la page d’accueil du site :

«Un groupe de citoyens francophones qui désire faire partager au public francophone des analyses venues du monde entier et exprimées dans d’autres langues. Rendre accessible la pensée dissidente où qu’elle se trouve.»

L’actualité de l’année 2015 a été chaude et celle de 2016 promet de l’être plus encore. L’équipe a sa vie propre, certains nous quittent, parfois les meilleurs d’entre nous [et je ne parle pas de Juppé], des nouveaux arrivent. Nous poursuivrons notre effort au mieux de nos capacités. Le site n’a pas d’opinion politique affirmée et ne souhaite pas en avoir. Nous publions des textes aux contenus parfois contradictoires et nous continuerons. Ce que nous vous proposons n’est que la compilation de l’état d’esprit et des recherches de l’équipe de traducteurs, ni plus, ni moins.

Si le site peut paraître pro-Poutine ou pro-Assad et très anti-Système, c’est probablement que notre vision commune de la vérité de situation se rapproche de celle de la vision russe actuelle, un peuple russe qui se redécouvre après tant d’avanies, ou du combat des Syriens pour leur indépendance. Cela vaut pour l’Europe francophone, le Canada, l’Afrique ou le Moyen-Orient, partout où les gens pratiquent le français, et partagent donc, de fait, un espace commun. Notre activité ne représente qu’une goutte dans cet océan de travail que chacun doit accomplir. Pour échapper à la doxa, au conformisme, il est indispensable de nous éduquer tous en géopolitique, en philosophie, sur les systèmes économiques, sur la monnaie, la souveraineté, réapprendre l’Histoire, comprendre les méthodes d’ingénierie sociale utilisées par les élites, définir ce que ce fameux Système représente pour chacun de nous, trouver nos propres sources d’information, les croiser…

Ce ne sont pas les Russes qui viendront libérer l’Europe, ni un homme providentiel (ou une femme). Nous devons nous relever nous même, chacun d’entre nous, quitter notre clavier et sortir de Facebook, nous devons agir là où nous sommes, nous devons travailler le corps social autour de nous, nous devons nous éduquer et éduquer nos enfants, acquérir des compétences hors du Système, travailler à notre résilience.

Le Saker Francophone offre des analyses et des points de vue non francophones, mais ce ne sont que des outils, de l’information brute, des bases pour réfléchir. Si le monde actuel s’effondre chaque jour un peu plus, nous espérons que ces graines dispersées aux quatre vents germeront et serviront pour reconstruire autre chose… de mieux. Il faut aussi comprendre ce terme d’effondrement non comme une fin de tout mais au contraire comme le début d’autre chose, autre chose qu’il faut préparer dès maintenant.

L’année 2016 sera donc laborieuse, pleine de tensions, de dangers mais aussi d’espoir. Nous restons fondamentalement positifs, à la recherche des signes / cygnes blancs.

Le Saker Francophone

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